“Les dangers d’une présidence prolongée en République démocratique du Congo” – Foreign Policy

ARGUMENT

Joseph Kabila pour toujours?

Les dangers d’une présidence prolongée en République démocratique du Congo.

Par Ken ROTH et Ida SAWYER

Le 28 juillet 2015

KINSHASA (République démocratique du Congo) — Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo, se trouve face à un choix historique: Quitter le pouvoir lorsque le second des deux mandats que lui autorise la constitution prendra fin en décembre 2016, ou succomber à l’illusion d’être indispensable, un mythe qui est assez répandu dans certaines parties de l’Afrique, et essayer de se maintenir au pouvoir.

Cette question fait l’objet d’un débat intense en RDCongo. Quand nous avons rencontré Joseph Kabila la semaine dernière à Kinshasa, il a souligné — à juste titre — qu’il n’avait pas encore annoncé publiquement quelle serait sa position sur ce qu’il fera en 2016. « Attendons de voir ce qui va se passer », a-t-il conseillé. Mais il n’a pas fait grand-chose pour dissiper les nombreuses suppositions selon lesquelles il serait réticent à quitter le pouvoir.

Si Joseph Kabila choisit de se conformer à la constitution, il sera le premier président congolais à abandonner le pouvoir volontairement pour faire place à un autre président élu — ce qui pourrait faire de lui le « père de la démocratie » en RDCongo. Cela constituerait un progrès considérable pour une nation qui a été soumise au régime colonial brutal du roi Léopold II de Belgique, à des décennies de dictature post-coloniale sous la férule de Mobutu SéséSéko, et puis à des années de guerres meurtrières dans lesquelles une myriade de groupes rebelles et les armées de neuf pays africains se sont combattues sur le sol congolais.

Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 à l’âge de 29 ans, à la suite de l’assassinat de son père, Laurent Désiré Kabila. Il peut se targuer de certaines réussites. Sous sa présidence, la RD Congo est parvenue à sortir des années sombres de la guerre et il a dirigé un gouvernement de transition qui, en 2006, a organisé les premières élections démocratiques du pays en plus de 40 ans, élections qu’il a gagnées. Avec des degrés variables de succès, il s’est efforcé de stabiliser la partie orientale du pays, où ont longtemps sévi des groupes armés qui continuent encore aujourd’hui à tuer, à violer et à piller, et il a cherché à obtenir la fin du règne de l’impunité qui favorise ces atrocités. Son gouvernement a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur les crimes commis en RDCongo et a livré davantage de suspects à cette Cour que n’importe quel autre gouvernement dans le monde.

Sa politique de « tolérance zéro » vis-à-vis des violences sexuelles commises par les forces de sécurité — annoncée deux jours après que nous l’avions encouragé à prendre cette position lors d’une rencontre en 2009 à Goma, une ville de l’est de la RDCongo — a conduit à une série de poursuites judiciaires devant les tribunaux nationaux et à une réduction notable du nombre de dénonciations pour viols commis par les militaires gouvernementaux. Et, fin 2013, il a réussi à débarrasser l’est de la RDCongo du dernier d’une série de groupes rebelles armés auteurs d’exactions et parrainés par le Rwanda qui ont sévi dans la région pendant 15 ans.

Et pourtant si Joseph Kabila choisit de tenter de se maintenir au pouvoir, sa réputation s’en trouvera ternie, non seulement du fait qu’il n’aura pas respecté la limite non amendable de deux mandats imposée par la constitution, mais aussi parce qu’il déclenchera probablement une réaction en chaîne violente et émaillée d’abus. Pour entrevoir comment une prolongation controversée du mandat présidentiel pourrait déclencher une spirale de protestations et de répressions violentes en RDCongo, il suffit de regarder du côté du Burundi voisin, où l’insistance du président Pierre Nkurunziza à solliciter un troisième mandat, contestable d’un point de vue constitutionnel, a abouti à une répression meurtrière de manifestations de masse.

En janvier, quand le gouvernement de Joseph Kabila a tenté de modifier la loi électorale afin de lui permettre de prolonger sa présidence, des milliers de personnes sont descendues dans les rues des principales villes de la RDCongo en signe de protestation. Les forces de sécurité du gouvernement ont répliqué par la violence et la répression, tuant au moins 38 manifestants à Kinshasa et cinq à Goma, et emprisonnant — et parfois passant à tabac et torturant — des personnalités politiques et des activistes considérés comme opposés à l’idée d’une prolongation de son mandat présidentiel.

Pourquoi Joseph Kabila voudrait-il rester en fonctions au-delà de l’expiration de son mandat? En dehors des avantages qu’apporte le pouvoir, beaucoup de personnes présument qu’il craint pour sa vie et pour sa famille. Par exemple, lors de notre entretien, il a évoqué le spectre du premier dirigeant démocratiquement élu du Congo, Patrice Lumumba, qui a été exécuté à la suite d’un coup d’État apparemment soutenu par l’Occident. « Ai-je réussi? Je ne sais pas. C’est Lumumba qui est le véritable père de la démocratie, et il a été assassiné.»

En outre, selon des sources proches des milieux politiques et des journalistes d’investigation, la famille Kabila a amassé une fortune considérable, ce qui pourrait les rendre vulnérables à de futures enquêtes. De plus, en 2016, Joseph Kabila n’aura que 45 ans; ses proches affirment qu’il ne souhaite pas quitter la RD Congo mais jusqu’ici, il n’y a eu dans le pays aucun précédent d’un ancien chef de l’État jouant le rôle d’un vieux sage de la politique comme ont pu le faire Nelson Mandela en Afrique du Sud ou OlusegunObasanjoauNigeria.

Mais Joseph Kabila ne dispose pas d’une très grande marge de manœuvre. Un large consensus s’est formé dans le pays pour considérer qu’un troisième mandat présidentiel officiel est constitutionnellement impossible, si bien qu’aujourd’hui, les Congolais parlent plutôt de la possibilité d’un « glissement » — c’est-à-dire du recours à un prétexte quelconque pour permettre de faire « glisser» l’échéance de son second mandat. Ce prétexte pourrait être l’intensification du conflit armé dans l’est du pays, qui rendrait difficile l’organisation d’élections réellement nationales. Cela pourrait être l’impréparation, apparemment délibérée, des élections: seule une petite partie du budget destiné à ces scrutins a été financée et aucune mesure n’a encore été prise pour inscrire sur les listes électorales plus de 5 millions de jeunes désormais en âge de voter depuis la dernière élection nationale en 2011. Ou cela pourrait être l’insistance du gouvernement à mettre en œuvre un plan compliqué consistant à subdiviser les 11 provinces du pays pour en obtenir 26 et à tenir des élections locales et provinciales avant les élections nationales — un séquençage qui pourrait conduire à un glissement significatif.

Mais il est difficile d’imaginer comment n’importe lequel de ces scénarios pourrait donner à Joseph Kabila plus d’un an ou deux supplémentaires à la présidence. Cela lui apporterait bien peu, tout en compromettant ses intérêts de manière importante. Par exemple, les procureurs seraient beaucoup moins susceptibles d’engager des poursuites judiciaires contre un ancien président qui serait respecté pour avoir renforcé les fondements de la démocratie congolaise en cédant le pouvoir dans les délais constitutionnels à un nouveau président élu, que contre un homme qui aurait présidé à une intensification des brutalités à l’égard d’une population qui semblait clairement désireuse d’assister à une passation des pouvoirs telle que le prévoyait la constitution. Une période de répression tumultueuse rendrait également plus difficile la réussite d’une opération par laquelle Joseph Kabila apporterait son soutien à un successeur bien disposé à son égard — une autre option susceptible de lui permettre de préserver ses intérêts.

Nous lui avons présenté directement ces arguments lors de notre entretien la semaine dernière, mais le président y a répondu de manière évasive: « Pourquoi essayez-vous d’anticiper ce qui va se passer?»

Il a été plus réactif lorsque nous avons souligné combien il importe d’autoriser les citoyens à manifester et à critiquer le gouvernement, en particulier en période électorale, mais il est resté évasif quant à son engagement en faveur des principes démocratiques: « Les gens veulent organiser des manifestations et des marches de protestation, pourquoi pas. Mais si l’idée, c’est d’aller au-delà des manifestations libres et de créer le désordre et l’anarchie, alors c’est totalement inacceptable.» Nous avons fait remarquer que la démocratie pouvait être désordonnée mais que, en l’absence de violences, elle ne devrait pas être assimilée à l’anarchie. Il n’a pas répondu.

Joseph Kabila a mis l’accent tout particulièrement sur la nécessité d’assurer la stabilité. « La grande question en RD Congo, c’est la stabilité. Quitter le pouvoir — n’importe qui peut quitter le pouvoir.»Maisencore une fois, l’on ne voit pas comment une prolongation controversée de son mandat à la présidence, combinée à la probabilité de manifestations de protestation et d’une répression, contribuerait à la stabilité de la RDCongo.

Joseph Kabila a proposé l’ouverture d’un dialogue national afin d’aplanir les difficultés liées aux questions électorales. S’il annonçait clairement d’emblée son intention de céder le pouvoir au moment prévu par la constitution et indiquait que ce dialogue serait uniquement destiné à discuter des modalités des prochaines échéances électorales conformément à la constitution, les Congolais l’accueilleraient très probablement de manière favorable. Mais dans son style énigmatique habituel, il a laissé s’insinuer dans l’esprit de l’opinion l’hypothèse selon laquelle ce dialogue pourrait n’être qu’un stratagème de plus pour opérer un glissement.

Le fait que notre entretien avec Joseph Kabila se soit terminé sur une note cordiale semble indiquer que les arguments que nous avons avancés ne lui ont pas paru dépasser les bornes. Il nous a écoutés poliment et a même plaisanté: « Vous dites ‘le père de la démocratie.’ Vous n’êtes pas les premiers à dire cela et vous ne serez pas les derniers.» Mais il n’a donné aucune indication selon laquelle il acceptait ou rejetait nos suggestions. Il s’est contenté de nous demander: « En ce qui concerne mon avenir, continuez de prier pour moi.» Par souci de l’avenir de la démocratie en RD Congo, nous ne pouvons qu’espérer que Joseph Kabila comprenne que son intérêt personnel, sans parler de celui de son pays, lui commande d’accepter les limitations que la constitution congolaise lui impose clairement, plutôt que de les combattre de manière abusive.

ICC-wanted Bashir to visit Uganda for talks on South Sudan crisis, Kampala says won’t arrest him

The African Union has a different position, of not cooperating on ICC, and Uganda will respect that – Foreign ministry.

Museveni (R) attends South Sudan's four years of independence in Juba on July 09, 2015. He is chairing a Monday meeting in Kampala to which ICC-indicted Sudan leader Omar al-Bashir has ben invited. (Photo/Samir Bol/Anadolu Agency/Getty Images).

Museveni (R) attends South Sudan’s four years of independence in Juba on July 09, 2015. He is chairing a Monday meeting in Kampala to which ICC-indicted Sudan leader Omar al-Bashir has ben invited. (Photo/Samir Bol/Anadolu Agency/Getty Images).

SUDANESE President Omar al-Bashir will on Monday join a group of regional leaders in Uganda for talks on South Sudan conflict, a top foreign affairs official said here on Saturday.

James Mugume, the permanent secretary, ministry of Foreign Affairs told reporters at State House, Entebbe, 40 kilometers south of the capital, Kampala that President Bashir will join Ugandan president, Yoweri Museveni, Kenya’s president, Uhuru Kenyetta and Ethiopian Prime Minister Hailemariam Desalegn to discuss the political crisis in neighbouring South Sudan.

“He (Bashir) has been invited for heads of state meeting on regional issues at State House, Entebbe. We expect him to join them on Monday to discuss the crisis in South Sudan and how to end it,” said Mugume.

Kenyetta arrived in Uganda on Saturday while Desalegn and Bashir are expected to arrive in the country on Monday.

Mugume said Bashir’s visit to the East African country will not cause a “diplomatic incident” because of International Criminal Court (ICC) arrest warrants for his alleged war crimes and crimes against humanity.”

The African Union (AU) has a different position (not cooperating) on ICC. We respect and abide by it. We have no obligation to arrest him,” said Mugume.

Bashir is being accused by ICC for war crimes and crimes against humanity in Sudan’s Darfur region. The AU in October 2013 opposed the ICC criminal proceedings against the sitting president, saying it infringes on the nation’s sovereignty.

Museveni late last year called on African nations to drop out of the treaty establishing the ICC, saying the court unfairly targets Africans.

It was a u-turn on his part, as previously his government urged the ICC to indict leaders of the brutal Ugandan rebel group Lord’s Resistance Army (LRA). The ICC eventually indicted LRA leader Joseph Kony, who is on the run somewhere in the jungles of the Central African Republic (CAR) and the DR Congo.

There is currently a multinational African Union hunting down Kony and other LRA commanders, leading critics to argue that the AU is happy with the ICC indicts everyone else, except presidents.

Bashir’s June visit to South Africa for an AU summit stirred up an international controversy after the Pretoria authorities refused to arrest him after a Johannesburg court barred him from leaving the country.

After pushing back aggressively and even threatening to quit the ICC, last week the South African government seemed to back down, with President Jacob Zuma saying his country could not arrest Bashir because he was a guest of the AU, not South Africa’s, and the areas where the continental summit took place were essentially ceded to the group during the meeting.

ICC prosecutor Fatou Bensouda has persistently reminded the countries that are signatories to the Rome Statute of a legal obligation to arrest President Bashir. She is unlikely to get much help from them any time soon.

Source : http://mgafrica.com/article/2015-08-09-icc-wanted-bashir-to-visit-uganda-for-talks-on-s-sudan-crisis-kampala-says-wont-arrest-him