Le Forum sur la participation des ONG aux travaux de la 35ème Session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples organisé conjointement avec la 9ème Foire aux livres sur les droits de l’homme, du 18 au 20 mai 2004 au Kairaba Beach Hotel, à Banjul, Gambie,
Considérant la récente violence religieuse et ethnique qui a sévi dans l’Etat du Plateau de Yelwa, au Nigéria, en mai 2004 et qui s’est soldée par le massacre de plus de 600 personnes, le meurtre par représailles dans l’Etat de Kano aussitôt après qui a causé le déplacement forcé de 750 personnes environ et la menace de la paix et de la sécurité des personnes et des biens dans la région;
Considérant que c’est une fraction périodique au Nigéria, particulièrement depuis l’instauration du régime civil en 1999;
Considérant que les développements au Nigéria constituent une grande menace pour la réalisation des buts et objectifs de l’Acte constitutif de l’Union Africaine et de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples;
Considérant que le gouvernement nigérien n’avait jamais pris des mesures décisives pour aborder la question, compte tenu de l’intérêt de pure forme manifesté par les Groupes d’enquête mis sur pied dans le passé et dont les rapports ne sont jamais rendus publics et du fait que les auteurs n’ont jamais été obligés à rendre compte;
Considérant que l’impunité des auteurs de ces actes criminels favorise l’esprit de vengeance et le regain des cycles de violence au Nigéria;
Considérant les déclarations du Secrétaire général des Nations Unies faites le 10 mai 2004 et exhortant le gouvernement nigérian à garantir la sécurité des personnes et des biens et à promouvoir la réconciliation, conformément aux principes de l’Etat de droit;
Demande à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples d’exhorter les autorités nigérianes:
- à envoyer immédiatement au Nigéria une mission d’enquête indépendante qui aura pour mandat d’enquêter sur la violence ethnique et religieuse qui sévit au Nigéria depuis 1999 et plus particulièrement les récentes violences perpétrées à Yelwa et dans le Kano;
- à rendre public le rapport de mission, à poursuivre les auteurs, conformément aux normes internationales acceptables de l’application régulière de la loi et à indemniser les victimes;
- à prendre toutes les mesures idoines pour garantir la paix et la sécurité des personnes et des biens, tel que prévu par l’article 6 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples;
- à condamner l’état d’urgence imposé dans l’Etat du Plateau, vu qu’il n’est pas appliqué conformément à la loi;
- à condamner énergiquement les ordres de “tirer à vue” donnés par le Gouvernement de l’Etat de Kaduna.
Fait à Banjul, le 20 mai 2004
