Résolution sur le Respect du Droit International Humanitaire et du Droit International des Droits de L’Homme en Période de Conflit Arme

Nous participants au Forum de Participation des ONG a la 37eme Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et de Peuples et a la 11eme Foire Africaine du Livre des Droits de l’Homme,

Notant la multiplication et la prolongation des conflits armés en Afrique, en particulier des conflits armés internes, et les souffrances humaines et les destructions causés par ceux-ci;

Conscients que la pauvreté, l’injustice sociale, la mal gouvernance économique et politique constituent des sources fréquentes de conflits;

Convaincus que le respect du droit humanitaire et des droits de l’homme permet d’éviter l’escalade de la violence et de faciliter le règlement des conflits;

Préoccupés du fait que les populations civiles sont devenues les principales victimes des actes de violence perpétrés durant les conflits armés;

Préoccupés par l’usage répandu des moyens et méthodes de combat illicites, notamment les attaques contre les personnes qui ne participent pas ou ne participent plus aux hostilités;

Vivement préoccupés par la circulation illicite des armes légères et le recrutement des mercenaires ;

Prenant connaissance du phénomène de l’utilisation des enfants dans les hostilités;

Inquiets de la persistance d’une culture de l’impunité, notamment par l’adoption de lois d’amnistie générale ou particulière;

Reconnaissant l’universalité du droit international humanitaire et des principes fondamentaux de droits de l’homme et leur complémentarité dans les situations de conflit armé;

Demandons:

1. Aux États membres de l’Union Africaine de:

1. ratifier ou d’adhérer aux instruments de droit humanitaire et de droits de l’Homme auxquels, ils ne sont pas encore parties;

2. respecter et faire respecter le droit humanitaire en toutes circonstances, tel que stipulé par l’article 1 commun aux quatre conventions de Genève de 1949 relatives à la protection des victimes des conflits armés, et d’assurer l’effectivité des droits de l’homme;

3. prendre toutes les mesures législatives, réglementaires et pratiques adéquates pour mettre en oeuvre leurs obligations découlant du droit international humanitaire, y compris l’imposition de sanctions pénales, et des instruments de droits de l’homme, en particulier le Protocole à la Charte africaine relative aux droits de la femme en Afrique et la Charte africaine des droits et du bien être de l’enfant;

4. d’assurer que le génocide, les crimes contre l’humanité et les violations graves du droit humanitaire sont dûment poursuivis et punis par les tribunaux nationaux ou, le cas échéant par la Cour pénale internationale;

5. d’assurer une large diffusion des instruments de droit humanitaire et de droits de l’homme au sein de la population civile, des forces de sécurité, des militaires et d’en faciliter leur diffusion parmi les membres des groupes d’opposition;

2. Aux parties aux conflits de:

1. s’assurer que les hostilités sont conduites de manière conforme aux lois et coutumes de guerre, notamment de faire en tout temps la distinction entre civils et combattants et entre biens civils et objectifs militaires;

2. garantir le respect du droit humanitaire comme moyen d’éviter les déplacements de populations, tant à l’intérieur des frontières du territoire sur lequel sévit le conflit, que vers les États voisins;

3. s’assurer que les personnes de moins de 18 ans ne participent pas aux hostilités et de prendre les mesures adéquates à cet effet;

4. respecter et protéger les victimes des conflits sans distinction quant à la partie à laquelle ils appartiennent et, en particulier de s’assurer que les personnes détenues ne sont pas l’objet de traitements humiliants ou dégradants et que les travailleurs humanitaires soient respectés et protégés;

5. garantir l’accès et faciliter la coordination de l’action humanitaire d’urgence aux organisations humanitaires chargées de fournir assistance et protection aux victimes des conflits armés;

3. A la Commission Africaine:

1. assurer le suivi des recommandations relatives au droit international humanitaire et aux droits de l’homme;

Fait à Banjul, Gambia, le 27 avril, 2005

Resolution sur la Circulation Illicite des Armes Legères et de Petit Calibre (ALPC) et sur le Desarmement en Afrique

Les ONG africaines, réunies en forum à Banjul pour la 37e session de la CADHP,

- considérant le phénomène international de la circulation illicite des ALPC et les problèmes de désarmement post conflit en Afrique

- considérant que la disponibilité massive des armes illicites entretient, aggrave et perpétue les conflits meurtriers et la criminalité en Afrique, entraînant ainsi de graves violations des droits de l’homme et droit international humanitaire

- constatant l’inexistence de normes juridiques internationale et africaine régissant le commerce et les transferts internationaux d’armes

- conscientes des efforts déployés par la société civile, les Nations Unies et certains Etats de la CEDEAO notamment pour l’adoption d’instruments juridiques renforçant le contrôle du commerce des armes,

Exhortent les Etats de la CEDEAO à transformer le moratoire sur l’importation, l’exportation et le transfert des armes en une Convention Ouest africaine de lutte contre la circulation illicite des armes légères lors du prochain sommet de la CEDEAO en décembre 2005

Encouragent la médiation du Président Thabo MBEKI initiée par l’Union Africaine sur le conflit Ivoirien et demandent à l’UA de veiller particulièrement sur le respect par les parties du processus de désarmement pour l’arrêt définitif des actes de violence et la résolution parfaite du conflit

- demandent aux Etats Africains sous la conduite de l’U.A et avec l’appui de la CADHP, d’harmoniser leur position en vue de l’adoption du Traité sur le Commerce des Armes (TCA) lors de la session des Nations Unies prévues en juillet 2006 à New York.

Fait à Banjul, le 27 avril 2005

Resolution sur l’Interdiction et la Prevention de Torture en Afrique

Les participants au Forum des ONG,

Rappelant le caractère universel et absolu de la condamnation et de l’interdiction de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,

Profondément indignés par la persistance de tels actes en Afrique,

Notant avec satisfaction l’adoption des Lignes Directrices de Robben Island sur l’interdiction et la prévention de la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en Afrique par la CADHP lors de sa 32ème session tenue du 17 au 23 octobre 2002 et celle des recommandations formulées lors de la réunion consultative sur la mise en œuvre des Lignes Directrices de Robben Island de Ouagadougou (Burkina Faso) lors de sa 36eme session ordinaire tenue à Dakar (Sénégal) du 24 novembre au 7 décembre 2004,

Se félicitant de la nomination par la CADHP d’un Comité de Suivi de la mise en œuvre de ces Lignes directrices lors de sa 35ème session tenue du 23 mai au 4 juin 2004 à Banjul (Gambie),

Recommandent à la 37ème session de la CADHP ce qui suit:

1. Adopter les recommandations de la première session de travail du Comité de Suivi qui s’est tenue à Bristol (Grande Bretagne) les 19 et 20 février 2005 ainsi que le Règlement Intérieur qui y est annexé.

2. Lancer un appel aux Etats africains à:

  • Ratifier la Convention des Nations Unies contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984
  • Ratifier le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 18 décembre 2002 (voir projet de résolution spécifique annexé)
  • Ratifier le Protocole à la Charte Africaine créant une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 9 juin 1998 et la mise en place effective de cette Cour
  • Se référer aux Lignes Directrices de Robben IsIand dans l’accomplissement de leurs obligations au regard de l’article 5 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

3. Faire un usage systématique des Lignes Directrices de Robben Island lors de l’examen des rapports périodiques des Etats.

Fait à Banjul, le 26 avril, 2005

Resolution sur la Situation des Peuples Autochtones en Afrique

Forum sur la participation des ONGs aux travaux de la 37ième Session Ordinaire de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples organisé par le Centre Africain pour la Démocratie et les Etudes des Droits de l’Homme en collaboration avec le 11ième Foire du livre africain des droits de l’homme à Banjul en Gambie du 27 avril au 11 mai 2005,

Nous des organisations oeuvrant pour le respect et la protection des droits des populations/communautés autochtones et minorités en Afrique, tels que reconnus par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples,

Reconnaissant les normes de droit international pour la promotion et la protection des droits des populations/communautés autochtones et les minorités, telles que garantis dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des personnes appartenant aux minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail sur les peuples autochtones et tribaux dans les pays indépendants, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur les droits de l’Enfant, la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination raciale, et la Convention sur la Diversité Biologique;

Reconnaissant l’engagement pris par la Commission africaine à travers sa résolution portant adoption du rapport du Groupe de travail sur la situation des droits des populations/communautés autochtones, lors de sa 34ième session ordinaire tenue Banjul en novembre 2003;

Considérant les conditions toujours inhumaines et d’extrême pauvreté dans lesquelles continuent de vivre les peuples autochtones et les minorités en Afrique;

Considérant la non mise en application des recommandations précédentes sessions de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples notamment celles de la 36e session,

Exhorte la Commission africaine:

1. De faire une lecture des droits de l’homme des différents programmes de réduction de la pauvreté en cours dans divers pays en vue de sauvegarder les droits des minorités et des populations autochtones au sein desdits programmes.
2. De vulgariser activement le rapport du Groupe de travail d’experts sur les minorités/communautés autochtones, qui demeure inconnu du grand public,
3. De drendre les mesures nécessaires et appropriées pour la mise en œuvre des recommandations contenues dans la résolution de la 36e session de la Commission ;
4. D’engager un dialogue constructif avec les autorités gouvernementales, les minorités et les autochtones à travers des visites de pays.

Banjul, 26 Avril, 2005

Resolution sur les Refugies et les Personnes Deplacées en Afrique

Nous participants au forum des ONG; après avoir passé en revue la situation dramatique des réfugiés et des personnes déplacées en Afrique,

Préoccupés par la persistance des conflits dans beaucoup de pays africains comme la Côte d’Ivoire; le Soudan et dans certains pays des Grands Lacs;

Attirons l’attention de la communauté internationale sur la mort programmée du droit d’asile dans le monde et notamment dans les pays développés;

Conscients de la nécessité de mobiliser ds ressources pour une assistance aux personnes déplacées et au réfugiés en Afrique et plus particulièrement au Darfour;

S’insurgeons contre les pratiques et politiques restrictives envers les demandeurs d’asile africains dans le monde et les accords de transit et de réadmission qui ne cherchent qu’à confiner les réfugiés et les demandeurs d’asile en Afrique, en violation des instruments juridiques en la matière;

Conscients du fait que la protection des réfugiés et des personnes déplacées doit se faire en fonction des mutations qui s’opèrent dans le continent et des réformes initiées par le HCR depuis les Consultations mondiales sur la Convention de Genève de 1951;

Saluons encore une fois la nomination par la CADHP du Rapporteur spécial sur les réfugiés et les personnes déplacées;

Exprimons notre disponibilité entière à collaborer avec le nouveau rapporteur spécial et invitons les Etats et les ONG à faire de même.

Recommandons:

A l’endroit de la CADHP

  • Le suivi des décisions et résolutions déjà prises par la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples concernant les réfugiés et les personnes déplacées;
  • La mise à la disposition du rapporteur spécial de moyens adéquats pour remplir sa mission;

A l’endroit du Rapporteur spécial

  • De jouer le rôle de facilitation du dialogue entre la Commission, les Etats concernés et les réfugiés; afin de résoudre les problèmes des réfugiés à travers les solutions durables tels que le rapatriement volontaire dans leurs pays d’origine;

Aux Etats membres de la CADHP

  • D’accorder une attention particulière à la protection des droits économiques, sociaux et culturels des réfugiés;
  • De veiller au respect strict des Conventions de 1951 et de l’OUA de 1969 dans le cadre des accords signés avec des pays développés;
  • D’ élaborer des législations nationales et de mettre sur pied des Commission Nationales d’Eligibilité au statut de réfugié;

Enfin, aux ONG

Nous recommandons la mise à la disposition du rapporteur spécial des informations et des rapports dont il a besoin dans le cadre de son mandat.

 

Fait à Banjul, le 26 avril, 2005