Nous, participants au Forum des ONG précédant la 41ème Session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et à la 15ème Foire africaine du livre des droits de l’homme au Coconut Groove Hotel à Accra, Ghana, du 12 au 14 mai 2007,
Rappelons le rapport de la commission internationale d’intervention et de souveraineté des Etats (International Commission on Intervention and State Sovereignty – ICISS) de 2001 posant le fondement de l’effort gouvernemental et de la société civile pour réaliser un consensus international sur la Responsabilité de protection;
Notons le rapport du Panel d’éminentes personnalités sur les Relations Nations Unies – Société civile du 7 juillet 2004 ayant notamment proposé une participation accrue de la société civile dans les activités des Nations Unies;
Conscients du rapport de ce Panel de haut niveau sur les Menaces, les Défis et les Changements (un monde plus sûr: notre responsabilité partagée) daté du 1er décembre 2004 avec une référence particulière aux pages 29 et 30 appelant les Etats membres à endosser la responsabilité de protection;
Notons en outre le rapport du Secrétaire Général des Nations Unies intitulé ‘En plus grande liberté: vers la sécurité, le développement et les droits de l’homme pour tous’ en particulier les paragraphes 18 et 19 appelant à une action collective dans le relèvement des défis posés à la sécurité humaine;
Réaffirmons les paragraphes 138 et 139 de la Déclaration du Sommet des Nations Unies de septembre 23005 au cours duquel la communauté internationale a exprimé sa détermination envers sa responsabilité et sa disponibilité à agir là où les autorités nationales échouent à protéger leur population du génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité;
Réaffirmons en outre la Déclaration du Sommet des Nations Unies de septembre 2005 appelant à la coopération des organisations régionales pertinentes pour aider à protéger les populations de ces graves menaces et la position africaine commune sur la réforme proposée des Nations Unies également appelée ‘Consensus d’Ezulwini’ où l’Union Africaine, lors de sa 7ème Session extraordinaire de mars 2005 à Addis-Abeba a adopté la Responsabilité de protection;
Profondément préoccupés par la lenteur de la réponse de la communauté internationale aux actes passés de génocide et de crimes contre l’humanité au Rwanda et la lenteur de la réponse aux allégations de génocide et de crimes contre l’humanité au Darfour.
Appelons la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de:
Réaffirmer les paragraphes 138 et 139 de la Déclaration du Sommet des Nations Unies de 2005 dans laquelle les gouvernements ont endossé leur responsabilité collective de protéger la population du génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité lorsque les Etats individuels “échouent manifestement” à protéger leurs propres populations de ces graves menaces.
Exhorter l’Union Africaine à accélérer la promotion et la protection des droits de l’homme et des peuples en assurant une bonne gouvernance et en prenant des mesures pour protéger progressivement leurs citoyens de conflits évitables et en proposant une participation juste et équitable à l’affectation et la distribution des ressources.
Appeler les Etats africains à accélérer le processus vers l’engagement envers le peuple du Darfour en augmentant le soutien financier et logistique à la mission de l’Union Africaine avec un mandat clair et efficace de protection des civils au Darfour.
Fait à Accra, le 14 mai, 2007
