Reconnaissant que les femmes ne sont pas un groupe homogène et que certaines identités, y compris d’origine ethnique et sociale, l’orientation sexuelle et l’identité de la femme de même que les situations juridiques, sociales et culturelles y compris le statut des réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les demandeurs d’asile, les travailleurs immigrés, les femmes exerçant des fonctions qui sont criminalisées, le handicap, le statut de séropositif ont une conséquence disproportionnelle sur les expériences des opportunités et la vulnérabilité à la violence des femmes.
Considérant la Charte Africaine des droits et du bien-être des enfants, la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples, le protocole de la Charte Africaine des droits de la femme en Afrique, le protocole sur la mise en place de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples, le CRC, CEDAW et l’étude globale des Nations Unies ayant à l’esprit, le fait que les droits des enfants sont des droits humains, de même que les droits de la femme qui demandent une approche intégrée et globale, des droits humains dans toute la région africaine.
Demandons à la Commission d’entreprendre ce qui suit sans réserve.
Législation, politique et mise en œuvre:
D’exhorter les Etats qui n’ont pas encore ratifié la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’Enfant, la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples, le protocole de la Charte Africaine des droits de la femme et sur la mise en place de la cour des droits de la femme, de prendre des mesures urgentes pour la mise en application de ce protocole au niveau national, afin que les femmes et les filles jouissent effectivement des droits qui leur sont reconnus.
Pratiques néfastes: nous sommes préoccupés du fait que les Etats partis n’ont pas encore adopté les lois et les mesures appropriées pour interdire, criminaliser et sanctionner toutes les formes de violence, des discriminations contre les femmes et des enfants, en particulier contre la mutilation génitale féminine, les mariages précoces (en dessous de 18 ans) et de cession des droits de l’héritage et de possession des terres et toutes les autres formes de pratique physique et psychologique néfaste qui touchent les enfants. Toutes ces lois doivent faire l’objet de texte d’application.
Enregistrement des naissances:Les Etats partis doivent rendre obligatoire et accessible l’enregistrement des naissances pour empêcher les enfants à fuir l’école et des mariages précoces.
Moyens d’existence: Les Etats doivent prendre les mesures économiques appropriées pour réduire la pauvreté chez les femmes et leur assurer les moyens d’existence et une sécurité humaine décente.
Assistance et représentations juridiques: Les Etats partis doivent, dans le cadre de leur obligation assurer l’accès des femmes à la justice et aux tribunaux, en apportant des solutions efficaces aux problèmes des femmes victimes de violation des droits de l’homme et en leur procurant gratuitement une assistance juridique avec possibilité de les représenter.
Formation des agents des systèmes judiciaire, de la police et des services chargés de la mise en application des textes.
Les Etats partis doivent appliquer l’article 25de la Charte Africaine et former des juges, les agents de police et autres agents de service de mise en application des textes sur les droits de la femme et de l’enfant, pour leur permettre d’actualiser leur connaissance des instruments internationaux et régionaux des droits de l’homme protégeant les droits des personnes concernées.
Les Etats doivent allouer des fonds appropriés aux ministères en charge de la femme et de la question du genre pour la mise en œuvre des programmes relatifs aux enfants et aux femmes et assurer une bonne coordination des activités entre les différents ministères et au sein desdits ministères.
Les Etats doivent soutenir la pratique des méthodes participatives au niveau communautaire pour identifier des pratiques néfastes et prendre des mesures pour leur élimination.
Les Etats doivent se conformer aux observations relatives à l’examen périodique des rapports des Etats partis faits par la Commission Africaine, le comité des experts sur les droits et le bien être de l’Enfant.
Les Etats partis doivent soutenir la désignation d’un rapporteur spécial chargé de la question de la violence à l’égard des enfants, au niveau de l’OUA et renforcer les mécanismes existants dans le domaine des droits des enfants.
Education:Intégrer l’enseignement des droits de l’enfant et de la femme et des pratiques néfastes dans les programmes et les politiques de formation dans les écoles publiques, privées et au niveau communautaire. Ceci devrait intéresser les filles, les garçons, mais aussi les personnes travaillant avec et pour les enfants, tels que les agents de police et judiciaires, ainsi que les travailleurs sociaux, etc.
Les études jusqu’au niveau secondaire doivent être gratuites pour les filles et les garçons, tout en s’assurant que les filles n’abandonnent pas les études pour le mariage.
Protection juridique des personnes vivant avec le VIH/Sida: les Etats parties devraient prendre des mesures au niveau législatif et bien d’autres, pour mettre un terme à la discrimination et à la stigmatisation dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/Sida, tout en assurant la prestation des services pour prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant et l’autonomie des femmes.
Commission des droits de l’homme et des peuples et Comité des experts chargé des droits et du bien-être de l’enfant: La Commission devrait consacrer l’année suivante au lancement d’une campagne au niveau continental contre les pratiques néfastes, tout en mettant un accent particulier sur l’incision des parties génitales féminines.
Recherche sur les pratiques néfastes: regrouper les statistiques et collecter les informations sur les pratiques néfastes, y compris sur les pratiques les moins connues (tels que : les rites de veuvage, refus des droits d’héritage et d’accès à la terre, etc.)
Entreprendre des recherches pour identifier les bonnes pratiques et les nouvelles méthodes de discipline et d’éducation des enfants et pour les personnes travaillant avec et pour les enfants.
Enfants handicapés: Plus d’attention devrait être accordée aux droits des enfants handicapés qui sont particulièrement vulnérables, lorsque leurs droits sont violés.
Les personnes déplacées à l’intérieur du pays: Exhorter l’Union Africaine à faciliter le processus de rédaction de la Convention sur la prévention et la protection des personnes déplacées à l’intérieur du pays sur son adoption et sa ratification par les Etats.
Les ONG: Travailler en étroite collaboration avec les ONG pour le suivi de la mise en œuvre, de façon responsable, par les gouvernements de la Charte des droits et du bien-être de l’enfant, le protocole sur les droits de la femme en Afrique et les recommandations y relatives.
Nous lançons un appel pour que soit mis en place un mécanisme de coordination entre le Comité Africain des Experts des droits et bien-être de l’enfant, la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples et autres organes concernés.
Fait à Brazzaville, le 12 novembre, 2007
