Nous, participants au Forum sur la participation des ONG à la 44ème session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,
Considérant la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’Enfant, la Charte Africaine
des Droits de l’Homme et des Peuples, le Protocol à la Charte Africaine relative aux droits
des femmes en Afrique, la Convention de l’ONU relative aux droits de l’Enfant (CDE), la
Convention de l’ONU relative à l’élimination de toutes les formes de discriminations
contre les Femmes (CEDEF), l’étude globale de l’ONU relative à la violence contre les
enfants (2006), et la Déclaration de l’UA – Afrique Digne des Enfants;
Considérant la Résolution sur le droit aux dommages et à la réparation pour les femmes et les filles victimes de violences sexuelles basées sur le genre, adoptée lors de la 42ème
session de la Commission Africaine;
Considérant la Résolution relative à la situation des femmes et des enfants en Afrique
(source: 17 eme rapport annuel sur les activités de la CADHP 2003 – 2004);
Considérant la réunion consultative relative à la collaboration entre les organes de l’Union Africaine (28-30 Septembre, 2008 à Ouagadougou, Burkina Faso);
Considérant que l’Enfant est tout être humain en dessous de l’âge de 18 ans (article 2
CADBE);
Considérant les défis toujours actuels sur la survie et le développement des enfants en
Afrique proclamés dans « l’Appel pour une Action Accélérée en vue de la mise en oeuvre
du Plan d’Action “une Afrique digne des Enfants » 2008-2012), que la situation des
enfants en Afrique demeure critique pour des raisons socio- économiques, culturelles, des
défis politiques, y compris la pauvreté, les conflits, les pratiques traditionnels néfastes, les
violences, les abus, les négligences, l’exploitation, le trafic d’enfants, les catastrophes
naturelles et les maladies comme le VIH SIDA, la tuberculose et le paludisme;
Préoccupé par la vulnérabilité croissante de millions d’enfants sur le continent Africain
due a la pauvreté et son impact sur les enfants, leurs familles et la société entière et
l’insuffisante volonté politique pour les protéger;
Préoccupé par l’aggravation croissante de l’exclusion sociale – concernant spécialement
les groupes d’enfants particulièrement vulnérables y compris les enfants vivant avec un
handicap, les filles, les refugies et enfants déplacés à l’intérieur d’un même pays (IDP), les
enfants appartenant à une minorité, à un groupe autochtone ou à un groupe nomade,
les enfants de la rue, les enfants esclaves et les enfants victimes de conflits armés – créant
des difficultés d’accès aux droits et services comme l’éducation ou d’autres services
sociaux;
Préoccupé par le faible niveau d’enregistrement des naissances des enfants en Afrique ,
affectant leur droit à une identité officielle, à une nationalité, a l’accès et l’exercice d’autres
droits et tenant compte du défi particulier relatif à l’enregistrement des enfants nés en
situation de déplacement, qu’il soit dû à un conflit armé ou pour d’autres raisons;
Préoccupé par l’ampleur de la violence contre les enfants sur le continent, qui survient
dans les milieux privés et publics sous forme de maltraitance physique, psychologique,
sexuelle, verbale, et de négligence;
Notant avec préoccupation la persistance de l’impunité à l’égard des auteurs de
violations des droits de l’enfant;
Notant avec préoccupation que de nombreux États membres de l‘Union Africaine n’ont pas encore ratifié la Charte Africaine sur les Droits et le Bien- Être de l’Enfant, ainsi que le Protocol à la Charte Africaine sur les droits de la Femme en Afrique;
Préoccupé par le fait que de nombreux pays parties à la Charte Africaine des droits de
l’Homme et des Peuples, ainsi que la Charte Africaine sur les droits et le bien-être de
l’Enfant n’ont pas rempli leurs obligations relatives à la mise en oeuvre et la soumission de
rapports exigés par ces instruments;
Notant que pour réaliser effectivement les droits de l’Enfant sur le continent, nous avons
besoin de développer des partenariats forts, multiformes et étendus;
Notant également que les échanges et la collaboration entre la Commission Africaine sur
les droits de l’Homme et des Peuples et le Comité Africain d’Experts sur les Droits et le
Bien- Être de l’Enfant, doivent être renforcés pour la réalisation des droits de l’Enfant en
Afrique;
Recommandons à la Commission de:
1. Multiplier les efforts de collaboration avec le Comité Africain d’Experts sur les Droits
et le Bien-être de l’Enfant (CAEDBE) en:
- Établissant des relations formelles avec le Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant
- Désignant un Point Focal sur les droits de l’Enfant, qui sera le point de contact
principal entre les deux organes de traité;
- Participant aux sessions du CAEDBE;
2. Aborder les droits de l’Enfant de manière transversale à travers ses mécanismes, en:
- Effectuant des missions conjointes avec les membres du CAEDBE dans la mise en oeuvre des mandats des rapporteurs spéciaux, lors des missions de promotion et d’investigation;
- Mettant à la disposition du CAEDBE, les informations relatives aux droits de l’Enfant qui émanent de l’examen des rapports des États parties;
- Prenant en compte, lors de l’examen des rapports des États, le progrès réalisé par
ces derniers dans la mise en oeuvre d’autres instruments relatifs aux droits des
Enfants et aux droits de l’Homme;
- Faisant des droits de l’Enfant, un thème transversal dans les mécanismes spéciaux de la Commission;
3. Accorder une haute importance à l’Appel pour une Action Accélérée pour la mise
en oeuvre du Plan d’Action “une Afrique digne des Enfants” dans son programme
et travailler en collaboration avec le CAEDBE et le Département des affaires sociales
de la Commission de l’UA dans la mise en oeuvre de ces engagements.
Fait à Abuja, le 9 Novembre, 2008