Nous, organisations non-gouvernementales d’Afrique réunies, à Banjul du 9 au 11 mai 2009, à l’occasion du Forum de participation des ONG à la 45ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples;
Preoccupes par la constance et la gravité des violations des droits des défenseurs des droits de l’homme en Afrique;
Preoccupes egalement par le nombre croissant des défenseurs des droits de l’homme tués, menacés et harcelés dans l’exercice de leur mission et en raison de leur activité de promotion et de protection des droits de l’homme en Afrique;
Rappelant que la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples garantit la promotion et la protection de tous;
Determines à assurer la promotion, la réalisation et la protection des droits des défenseurs des droits de l’homme afin de leur permettre de jouir pleinement et librement de tous leurs droits humains;
Soulignant la responsabilité qui s’impose à tout Etat africain de protéger toutes les personnes vivant sous sa juridiction;
Considerant que l’article 66 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples prévoit l’adoption de protocoles ou accords particuliers en cas de besoin, pour compléter les dispositions de la Charte,
Considerant que l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples consacre l’inviolabilité de la personne humaine, le respect de la vie et de l’intégrité physique et morale de chacun et en toutes circonstances;
Considerant egalement que l’article 6 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples d’une part garantit le droit de tout individu à la liberté et à la sécurité de sa personne et d’autre part, interdit les arrestations et les détentions arbitraires;
Rappelant que l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples reconnait à toute personne le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le respect des lois et règlements;
Rappelant egalement le droit reconnu à toute personne de constituer librement des associations avec d’autres aux termes de l’article 10 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples;
Reaffirmant le droit de se réunir librement avec d’autres garanti par l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples;
Reconnaissant en outre que l’article 25 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples impose à tous les États l’obligation de promouvoir et de respecter les droits et libertés contenus dans la Charte;
Notant que les articles 60 et 61 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples reconnaissent les instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme et les pratiques africaines conformes aux normes internationales relatives aux droits de l’homme et des peuples, en tant que principes de référence importants pour l’application et l’interprétation de la Charte africaine;
Rappelant la résolution A/RES/53/144 de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 8 décembre 1998 adoptant la « Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus »;
Rappelant aussi la « Déclaration et le Plan d’Action de Grand Baie » adoptés par le première Conférence ministérielle de l’Organisation de l’Unité Africaine sur les droits de l’homme en Afrique, tenue du 12 au 16 Avril 1999 à Grand Baie (Maurice);
Rappelant egalement la « Déclaration de Kigali » adoptée par la première Conférence ministérielle de l’Union Africaine sur les Droits de l’Homme en Afrique, réunie le 8 mai 2003 à Kigali (Rwanda);
Ayant a l’esprit la résolution ACHPR/Res.69 (XXXV) 04 du 4 juin 2004, adoptée par la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples réunie en sa 35ème session ordinaire tenue à Banjul (Gambie) du 21 mai au 4 juin 2004 et mieux connue sous le nom « résolution sur la protection des défenseurs des droits de l’homme en Afrique » et portant institution du mandat de Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique;
Conscients du fait que les droits des défenseurs des droits de l’homme, en tant que droits de l’Homme, sont par nature interdépendants, indivisibles, inaliénables et indissociables des droits de l’homme reconnus et garantis notamment par la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte International relatif aux droits civils et politiques et celui relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son Protocole Facultatif, et tous les autres pactes internationaux et conventions relatifs aux droits de l’homme;
Convaincus du rôle crucial des défenseurs des droits de l’homme dans la préservation des principes d’égalité, de paix, de liberté, de dignité, de justice, de solidarité et de démocratie dans les sociétés africaines;
Convaincus que l’adoption d’un instrument juridique normatif de protection des défenseurs de droits de l’homme en Afrique contribuera à améliorer la situation très précaire des droits de l’homme sur le continent;
Demandons:
A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples:
1. D’élaborer un protocole additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique;
2. De charger la Rapporteure Spéciale de mettre en place un comité ad hoc chargé de la préparation des stratégies et des moyens à mettre en œuvre en vue de l’élaboration dudit protocole et d’un plaidoyer en sa faveur.
Fait à Banjul, le 11 mai, 2009
