Nous, participants au forum des ONG de la 47eme Session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,
Profondément préoccupé par la pratique des disparitions forcées et par le nombre toujours croissant de cas de disparitions forcées recensés sur le continent africain;
Affirmant que la pratique des disparitions forcées, lorsqu’elle a un caractère systématique et généralisé, constitue, au regard du droit international, un crime contre l’humanité;
Notant que les crimes de disparitions forcées ne peuvent restés impunis, par conséquent les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice;
Réaffirmant le droit de toute victime de connaitre la vérité sur les circonstances d’une disparition forcée et le sort de la personne disparue, ainsi que le droit à la liberté de recueillir, de recevoir et de diffuser des informations à cette fin, conformément aux droits garantis par la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et par d’autres textes internationaux;
Rappelant que les Etats ont obligation de mener des enquêtes réelles et garantir à toute personne le droit à un recours effectif;
Notant que la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 décembre 2006 et ratifié par 18 pays dont 4 pays africains;
Rappelant que la prévention du crime de disparitions forcées et l’effectivité de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées dépendront de la promotion dont bénéficiera la Convention;
Demande la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples d’adopter une résolution:
- Condamnant la pratique des disparitions forcées, phénomène recrudescent dans plusieurs pays du continent africain;
- Demandant aux Etats membres de l’Union africaine de prendre des mesures tangibles pour que cesse cette pratique;
- Appelant les Etats qui ont eu à connaitre cette pratique de la disparition forcée à ordonner des enquêtes effectives afin que ce soit déterminer le sort de toutes les personnes disparues;
Engageant instamment les Etats membres de l’Union africaine à garantir le droit des victimes et de leur famille à la vérité, à la justice et à réparation;
Encourageant les Etats membres de l’Union africaine à renforcer leur système législatif, administratif et judiciaire pour lutter activement contre l’impunité;
Demandant aux Etats membres de l’Union africaine d’assurer la liberté d’expression, d’association et de réunion des associations de défense des droits de l’homme et des familles de disparus qui luttent pour connaître le sort de leur proche disparu;
Appelant les Etats membres de l’Union africaine à:
- signer et ratifier dans les plus brefs délais la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées tout en s’abstenant de faire des réserves qui seraient incompatibles avec son objet et son but;
- reconnaître la compétence du nouveau Comité sur les Disparitions Forcées pour se prononcer sur des plaintes individuelles;
- assurer une législation nationale d’incorporation efficace et incriminer la disparition forcée dans leur législation nationale;
- prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir publiquement et promouvoir la Convention; et
Créant un groupe de travail au sein de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples un instrument pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées en Afrique.
Fait à Banjul, le 10 mai, 2010
