Recommandation portant sur la Promotion et la Protection des Droits des Peuples Autochtones et des Minorités en Afrique

Le Forum des ONG a la 47e Session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,

Considérant les difficultés auxquelles les peuples autochtones et les minorités d’Afrique sont confrontés dans l’exercice de leurs droits humains notamment, la marginalisation, la très faible jouissance des droits économiques, sociaux, culturels et politiques;

Notant avec inquiétude la non participation et la non implication dans la gestion de la chose publique des peuples autochtones;

Déplorant la dépossession des peuples autochtones de leurs terres ancestrales (cas de tribu kel Inacharegha de Tombouctou, Mali) et le non accès aux ressources naturelles de leurs pays et la non reconnaissance de leur identité;

Notant avec inquiétude l’impunité face aux crimes et aux violences faits aux peuples autochtones et groupes minoritaires et en particulier les femmes;

Considérant la discrimination, la corruption et la partialité à l’encontre des peuples autochtones et des groupes minoritaires dans les procès qui les opposent aux autres groupes ou communautés,

Ayant à l’esprit les conflits et l’insécurité qu’engendre le mépris des droits humains des peuples autochtones et des minorités,

Vu les bonnes pratiques notées dans certains pays,

Notamment:

  • la reconnaissance des peuples autochtones par certaines constitutions et leur représentation dans les institutions Etatiques (Burundi);
  • l’adoption de la Convention 169 de l’OIT (RCA);
  • les initiatives d’éducation gratuite (Rwanda- Burundi- Ouganda);
  • l’ouverture de dialogue avec les groupes autochtones et les minorités (Mali, Burkina, RDC);
  • l’existence d’Experts autochtones dans les Groupes de Travail de la Commission Africaines des Droits de l’Homme et des Peuples;
  • l’appui de la Commission Africaine des Droits de l’ Homme et des Peuples au peuple Endorois au Kenya dans la lutte pour la restitution de leurs terres dépossédées;

Vu les défis à relever pour la pleine jouissance de leurs droits humains;

Nous recommandons:

A la CADHP par l’intermédiaire de son Groupe de Travail sur les questions autochtones et minorités:

  • de renfoncer les capacités du CAUCUS sur les Peuples autochtones;
  • d’inciter les Etats membres à  mettre en œuvre les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux notamment ceux protégeant et promouvant les droits des peuples autochtones et des minorités;
  • de soutenir le processus amorce par UNOWA et autres agences des NU d’organiser la réflexion sur la compréhension du concept d’autochtone, des droits des peuples autochtones, minorités, les difficultés auxquelles ils sont confrontes et les actions concrètes a mener pour la promotion et la protection de leurs droits;
  • de soutenir moralement et financièrement le Groupe de Travail sur les Droits des Peuples autochtones et des Minorités;
  • de renforcer la consultation et la concertation avec les organisations autochtones d’Afrique;
  • d’inciter les Etats membres à inviter les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur les Droits des Peuples autochtones et les droits des minorités en Afrique à effectuer des visites dans leurs pays respectifs.

Aux Etats:

De tout mettre en œuvre pour:

  • la connaissance et la reconnaissance des droits des peuples autochtones et minorités (identité, concept d’autochtone et de minorité);
  • organiser des forums régionaux sur les droits des peuples autochtones et minorités d’Afrique;
  • mettre en place des programmes spécifiques favorisant la pleine jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des peuples autochtones et des minorités.

 

Fait à Banjul, le 10 mai, 2010

Résolution sur l’Accès aux Services Sociaux de base en Afrique

Considérant que la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples garantit les droits économiques sociaux et culturels;

Prenant en compte l’existence d’autres instruments juridiques auxquels la majorité des pays africains est partie: DUDH, Charte des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits ECOSOC,  Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,  Convention relative aux droits de l’enfant, etc.

Rappelant l’indivisibilité, l’interdépendance et l’universalité des droits de l’homme;

Considérant que les objectifs et principes de l’acte constitutif de l’Union Africaine visent à garantir un engagement des Etats membres en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme et des peuples, le respect des principes démocratiques des droits de l’homme, de l’état de droit et de la bonne gouvernance et la promotion de la justice sociale en vue d’assurer un développement économique équilibré;

Considérant les processus de décentralisation en cours dans différents pays africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal) consacrant, par l’entremise des transferts de compétences, le désengagement des Etats centraux des secteurs sociaux de santé;

Se référant aux préoccupants problèmes  africains que sont: la dépendance de la magistrature, les difficultés pour les organisations de la société civile de mener leurs activités de promotion et de protection des droits ECOSOC sans ingérence du pouvoir dans leurs affaires intérieures;

Partant du fait que des auteurs et commanditaires de crimes économiques ne sont pas inquiétés et briguent même, en toute impunité, des mandats électifs dans de nombreux pays.

Profondément préoccupé par la flambée des prix des produits de première nécessité.

Considérant l’inaccessibilité persistante par la majorité de la population aux services sociaux de base en Afrique, singulièrement dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau potable et de l’assainissement, etc.

Le Forum des ONG, tenu les  9, 10  et 11 mai 2009 à Banjul en Gambie, demande que la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, adopte une résolution pour demander aux Etats:

De se mettre à jour de leurs obligations conventionnelles et de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes ci-dessous qui constituent des points nodaux des droits économiques sociaux et culturels et qui ne sont pas exhaustivement cités:

Au plan général:

1. La bonne gouvernance;

2. Le transfert effectif de toutes les ressources aux collectivités locales pour la mise en oeuvre des droits ECOSOC;

3. L’indépendance de la magistrature,

4. Le jugement diligent et le châtiment des  auteurs et commanditaires des crimes économiques ; la prise de mesures pour  écarter ces derniers définitivement de tout mandat électif;

5. L’implication effective des organisations de la société civile au contrôle de la gestion des affaires publiques;

6. La planification et l’affectation de ressources suffisantes à la mise en œuvre des droits ECOSOC;

7. La prise de mesures pour éradiquer les discriminations;

8. La baisse conséquente des prix des produits alimentaires et autres produits de grande consommation (hydrocarbures, eau potable, énergie, l’huile etc.);

9. La mise en place de logements sociaux décents pour tous les citoyens;

10. L’arrêt des réformes et politiques de privatisations des secteurs sociaux de base.

Au niveau de l’éducation:

1. L’amélioration constante des conditions de travail du personnel enseignant;

2. La création d’établissements publics d’enseignement à proximité des lieux d’habitation des enfants;

3. L’augmentation significative des fonds publics pour le financement de l’éducation;

4. L’équipement des classes et manuels scolaires adéquats;

5. Une éducation secondaire et supérieure à la portée de tous, notamment l’enseignement primaire qui doit être gratuit pour tous les enfants en âge d’être scolarisés;

6. L’adaptation de la formation au marché de l’emploi;

7. L’encouragement et le financement de la recherche;

Au niveau de la santé:

1. Des médicaments de qualité accessibles à tous;

2. Des équipements et matériels adaptés en quantité suffisante pour les formations sanitaires;

3. Une prévention, un endiguement et un meilleur suivi des maladies endémiques et/ou  épidémiques comme la méningite, la rougeole, la tuberculose, le choléra, le paludisme, le VIH/SIDA, etc.;

4. Une politique adéquate de gestion des maladies chroniques ou invalidantes (diabète, HTA, hémoglobinopathies, cancer…);

5. Une augmentation des fonds publics pour le financement de la santé. Dans ce domaine, le Forum demande aux Etats qui comptent un grand nombre de malades du Sida de se conformer à la recommandation d’Abuja qui veut que les Etats consacrent 15% de leur budget à lutter contre le VIH/Sida.

Au niveau de l’eau et de l’assainissement:

1. La reconnaissance et le respect du droit à l’eau et à l’assainissement en tant que droit humain inaliénable et de tout ce que ce droit implique au niveau des institutions nationales, régionales et internationales;

2. L’adoption d’un plan d’action national, des stratégies et une législation nationale de façon à assurer leurs responsabilités, notamment en ce qui concerne l’accès des populations pauvres aux services d’eau et d’assainissement;

3. L’adoption d’indicateurs nationaux pour optimiser une surveillance et une réglementation permettant de garantir l’accès des populations pauvres à l’eau potable et à l’assainissement.

 

Fait à Banjul, le 11 mai, 2009

Resolution sur le Nigeria

Nous, participants au Forum sur la participation des ONG à la 44ème session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,

Réaffirmant que la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples garantit les droits et libertés fondamentaux des nigérians comme ceux des autres africains;

Rappelant que le mandat principal de la Commission est de donner effet aux dispositions de la Charte pour le bien de tous les africains;

Condamnant les violations massives et systématiques au Nigeria des droits economiques, sociaux et culturels reconnus par les instruments internationaux;

Confirmant que le Nigéria a déjà ratifié et domestiqué la Charte Africaine par une loi parlementaire;

Conscients que ces violations des droits de l’homme ont précédé le présent régime au Nigéria;

Reconnaissant les efforts du présent gouvernement en vue de promouvoir les droits de l’homme par l’adoption officielle d’une Action National sur les Droits de l’Homme;

Espérant que l’organisation de cette 44e session de la Commission Africaine au Nigéria encouragera la création d’une culture des droits de l’homme;

Lançons à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples à exhorter le gouvernement fédéral à prendre les mesures suivantes:

1. À mettre en oeuvre les conclusions de l’affaire SARAC;

2. À mener une mission d’investigation au Delta et à nommer un Rapporteur Spécial sur les prisons en Afrique en vue d’évaluer le problème du surpeuplement et la torture dans les prisons;

3. A donner effet aux droits des populations du Delta à l’environnement, au développement et aux autres droits économiques consacrés dans la Charte Africaine;

4. À assurer l’emploi des forces militaires dans le Delta en parfaite conformité avec les normes internationales relatives à la promotion des droits de l’homme;

5. À mettre en oeuvre le Plan d’Action Nationale relative à la protection et la promotion des droits de l’homme;

6. À domestiquer les instruments internationaux qu’il a ratifié tels que la CEDEF et la Convention contre la Torture et son Protocole Optionnel;

7. À promulguer des lois sur : La protection des femmes contre la violence, la liberté d’information et les droits des handicapés;

8. À adopter des lois sur les droits de l’Enfant et mettre en place des mécanismes de mise en oeuvre;

9. À assurer l’éducation primaire et secondaire gratuite et obligatoire;

10. À renforcer des institutions de surveillance de police internes et externes pour faire face à la culture d’impunité qui prévaut;

11. À mettre fin à la pratique répandue des assassinats politiques dans le pays, réformer le système politique et garantir le droit des populations à participer au gouvernement, notamment en élisant librement leurs dirigeants.

 

Fait à Abuja, le 9 Novembre, 2008

Résolution sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels

Le Forum des ONG,

Rappelant le principe d’universalité, d’interdépendance et d’indivisibilité de tous les droits réaffirmés par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Déclaration ainsi que le Programme d’action de Vienne de 1993,

Réaffirmant comme consacré dans la Charte africaine que l’effectivité des droits économiques sociaux et culturels permet de garantir pleinement la jouissance des droits civils et politiques;

Rappelant la réaffirmation dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine de la volonté des Etats africains de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et des peuples conformément à la Charte africaine des droits de l’homme et des Peuples,

Soulignant que la quasi-totalité des Etats africains ont exprimé leur consentement à être lié par le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,

Soulignant aussi l’adoption en 2004 par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de la Déclaration de Pretoria sur les droits économiques, sociaux et culturels en Afrique,

Notant avec satisfaction l’adoption par la Commission africaine lors de sa 36eme session ordinaire tenue à Dakar au Sénégal en 2004 de la résolution 73(XXXVI)04 qui soulignait l’inadéquate reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels par les Etats membres, qui mène à la marginalisation continue de ses droits et exclut la majorité des africains de la pleine jouissance des droits humains,

Considérant que le mandat de la Commission africaine au titre de l’article 45 est de veiller à la promotion, à la protection et à la mise en œuvre de tous les droits contenus dans la Charte, y compris les droits économiques sociaux et culturels,

Se réjouissant du vingtième anniversaire de la Commission africaine et de sa contribution au développement des droits de l’homme en Afrique,

Soulignant la mise en place par la Commission africaine d’un Groupe de Travail chargé d’étudier la question des droits économiques, sociaux et culturels,

Préoccupé toutefois que l’agenda de la Commission africaine ne fait que peu d’espace à la réflexion et à l’application effective des droits économiques, sociaux et culturels;

Ayant à l’esprit que la pauvreté, la malnutrition, l’accès à l’eau potable, l’éducation, la santé, la faim, l’affectation des bénéfices de l’exploitation des ressources naturelles au développement local, les maladies, y compris le VIH/SIDA sont notamment des sujets de préoccupation des populations africaines et des organisations de la société civile dont la volonté sans cesse répétée est de voir la Commission africaine porter la question fondamentale des droits économiques, sociaux et culturels,

Le Forum des ONG demande à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de:

1. Procéder sans délai à la publication des travaux du Groupe de Travail sur les droits économiques, sociaux et culturels,

2. Élaborer des directives destinées à aider les Etats en vue d’une mise en œuvre effective des droits économiques, sociaux et culturels,

3. Créer des mécanismes appropriés visant à garantir la jouissance effective des droits économiques, sociaux et culturels en Afrique,

4. Inscrire les droits économiques, sociaux et culturels dans l’agenda de sa 43e session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

 

Fait à Brazzaville, le 12 novembre, 2007

Recommandations sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels

Nous, participants au Forum de participation des ONG de la 41ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, organisé au Coconut Grove Hotel, Accra, du 12 au 14 mai 2007:

Demandons à la Commission africaine de recommander aux Etats:

1. d’inclure les droits économiques, sociaux et culturels dans leurs constitutions;

2. de formuler des politiques efficaces et des stratégies nationales axées sur la mise en œuvre et la réalisation des Objectifs du Millénaires pour le Développement qui sont économiques, sociaux et culturels;

3. d’utiliser les ressources naturelles au profit de tous; d’utiliser les revenus au profit des personnes défavorisés dans leurs pays; de répartir de manière juste et équitable les revenus provenant des ressources naturelles et d’adopter des dispositions constitutionnelles pour s’assurer que des mécanismes sont en place pour l’obligation de rendre compte;

4. de mettre en place des mécanismes pour une mise en œuvre effective des politiques;

Nous demandons en outre à la Commission:

1. d’élaborer des lignes directrices pour aider les Etats parties à mettre en œuvre les dispositions économiques, sociales et culturelles de la Charte africaine.

 

Fait à Accra, le 14 mai, 2007

Recommandation en vue de l’inscription des Droits Economiques, Sociaux et Culturels dans l’agenda de la Commission Africaine

Nous, Participants au Forum de Participation des ONG à la 40ème Session ordinaire de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples,

Réitérant les dispositions de la Déclaration et Programme d’action de Vienne de 1993 réaffirmant l’universalité, l’indivisibilité et l’interdépendance des droits de l’homme;

Ayant à l’esprit l’affirmation dans plusieurs instruments internationaux de droits de l’homme, y compris ceux africains, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui dispose que «  la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels garantit la pleine jouissance des droits civils et politiques »;

Considérant que lors de sa 36eme session ordinaire tenue à Dakar au Sénégal en 2004, la Commission africaine a adopté la résolution 73(XXXVI)04 qui a exprimé des préoccupations par rapport à « l’inadéquate reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels par les Etats membres, qui mène à la marginalisation continue de ces droits et exclut la majorité des africains de la pleine jouissance des droits humains »;

Rappelant une fois encore l’adoption par la Commission africaine de la Déclaration de Pretoria sur les droits économiques, sociaux et culturels du 17 septembre 2004;

Notant que la Commission africaine a mis en place un Groupe de Travail devant formuler et proposer à la Commission un projet de lignes directrices relatives aux droits économiques, sociaux et culturels;

Insistant sur la nécessité d’imprimer une nouvelle dynamique à la prise en compte des droits économiques, sociaux et culturels;

Recommande à la Commission africaine de:

  • Intensifier les efforts pour une mise en place rapide des lignes directrices énoncées par la résolution de 2004 de la Commission africaine;
  • Elaborer un mécanisme (Rapporteur special) dont le mandat serait de suivre et d’évaluer les efforts accomplis par les Etats dans la mise en oeuvre des droits des droits economiques, sociaux et culturels, les Objectifs du Millénaire pour le Developpement pouvant constituer un repère;
  • Inscrire les droits économiques sociaux et culturels à l’agenda de la quarante unième session de la Commission.

 

 

Fait à Banjul, le 14 Novembre, 2006

Résolution du NGO Forum sur Inscription des Droits Économiques, Sociaux et Culturels dans L’Agenda de la Commission Africaine des Droits de L’homme et des Peuples

Le Forum des ONG

Rappelant le préambule de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples notamment sur le caractère universel, indivisible et interdépendants de tous les droits;

Réaffirmant comme stipulé dans la Charte africaine que l’effectivité des droits économiques, sociaux et culturels permet de garantir pleinement la jouissance des droits civils et politiques;

Considérant que la Charte africaine consacre un nombre important des droits économiques et culturels dans ses dispositions;

Rappelant l’engagement pris par les pays africains au titre du Document Final du Sommet du Millénaire en septembre 2005, notamment vis-à-vis des droits économiques, sociaux et culturels sans oublier leurs obligations en vertu des Objectifs du Millénaire pour le Développement;

Soulignant aussi l’adhésion massive des Etats africains au Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels;

Considérant que le mandat de la Commission africaine est de donner plein effet aux droits garantis par la Charte africaine,

Constatant que l’agenda de la Commission africaine ne fait que peu d’espace à la réflexion et à l’application effective des droits économiques, sociaux et culturels;

Ayant à l’esprit que la pauvreté, la malnutrition, l’accès à l’eau potable, l’affectation des bénéfices de l’exploitation des ressources naturelles au développement local, la faim, les maladies, y compris le VIH/SIDA sont notamment des sujets de préoccupation des populations africaines et des organisations de la société civile dont la volonté sans cesse répétée est de voir la Commission africaine porter la question fondamentale des droits économiques, sociaux et culturels;

Le Forum des ONG demande à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples:

  • D’inscrire les droits économiques, sociaux et culturels à son agenda lors de sa quarantième session qui marquera également le 25eme anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples:
  • De prendre en considération les priorités établies par le groupe de travail du Forum des ONG qui, en analysant la situation en Afrique, a identifié notamment le droit à l’eau potable, le droit à la sécurité alimentaire, le droit à la santé, surtout lorsqu’il s’agit du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme, le droit à un logement décent, le droit à l’éducation ainsi que le droit pour les populations locales de bénéficier des revenus de l’exploitation des ressources naturelles pour des programmes de développement, comme des éléments fondamentaux à retenir;
  • De créer des mécanismes appropriés afin de garantir la jouissance effective des droits économiques, sociaux et culturels sur le continent africain.

Fait a Banjul, le 8 mai, 2006

Resolution sur les Refugies et les Personnes Deplacées en Afrique

Nous participants au forum des ONG; après avoir passé en revue la situation dramatique des réfugiés et des personnes déplacées en Afrique,

Préoccupés par la persistance des conflits dans beaucoup de pays africains comme la Côte d’Ivoire; le Soudan et dans certains pays des Grands Lacs;

Attirons l’attention de la communauté internationale sur la mort programmée du droit d’asile dans le monde et notamment dans les pays développés;

Conscients de la nécessité de mobiliser ds ressources pour une assistance aux personnes déplacées et au réfugiés en Afrique et plus particulièrement au Darfour;

S’insurgeons contre les pratiques et politiques restrictives envers les demandeurs d’asile africains dans le monde et les accords de transit et de réadmission qui ne cherchent qu’à confiner les réfugiés et les demandeurs d’asile en Afrique, en violation des instruments juridiques en la matière;

Conscients du fait que la protection des réfugiés et des personnes déplacées doit se faire en fonction des mutations qui s’opèrent dans le continent et des réformes initiées par le HCR depuis les Consultations mondiales sur la Convention de Genève de 1951;

Saluons encore une fois la nomination par la CADHP du Rapporteur spécial sur les réfugiés et les personnes déplacées;

Exprimons notre disponibilité entière à collaborer avec le nouveau rapporteur spécial et invitons les Etats et les ONG à faire de même.

Recommandons:

A l’endroit de la CADHP

  • Le suivi des décisions et résolutions déjà prises par la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples concernant les réfugiés et les personnes déplacées;
  • La mise à la disposition du rapporteur spécial de moyens adéquats pour remplir sa mission;

A l’endroit du Rapporteur spécial

  • De jouer le rôle de facilitation du dialogue entre la Commission, les Etats concernés et les réfugiés; afin de résoudre les problèmes des réfugiés à travers les solutions durables tels que le rapatriement volontaire dans leurs pays d’origine;

Aux Etats membres de la CADHP

  • D’accorder une attention particulière à la protection des droits économiques, sociaux et culturels des réfugiés;
  • De veiller au respect strict des Conventions de 1951 et de l’OUA de 1969 dans le cadre des accords signés avec des pays développés;
  • D’ élaborer des législations nationales et de mettre sur pied des Commission Nationales d’Eligibilité au statut de réfugié;

Enfin, aux ONG

Nous recommandons la mise à la disposition du rapporteur spécial des informations et des rapports dont il a besoin dans le cadre de son mandat.

 

Fait à Banjul, le 26 avril, 2005

Recommandations sur les Droits de la Femme en Afrique

Nous participants au Forum sur la participation des ONG à la 36ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et à la 10ème Foire africaine du Livre des droits de l’homme, tenue à Ngor Diarama Hôtel, du 20 au 22 novembre 2004 à Dakar, Sénégal,

Préoccupés par la violation croissante des droits de la femme sur le continent, en particulier dans les régions en conflit;

Considérant que les femmes et les filles sont encore victimes de certaines pratiques culturelles qui ont des impacts négatifs que leur santé et leur bien-être social;

Profondément préoccupés par le fait que la majorité des femmes du continent sont analphabètes et que dans la plupart des cas, elles ne sont pas conscientes de leurs droits humains fondamentaux;

Le Forum recommande à la Commission africaine:

  • de renforcer le mandat de la Rapporteure spéciale en vue de l’aider à mieux exercer sa mission, surtout en terme de financement et de personnel;
  • de créer un point focal dans chaque Etat membre pour assurer la liaison avec la Commission africaine;
  • d’encourager les membres à ratifier le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la  femme en Afrique;
  • d’établir des relations réelles avec les organisations jouissant du statut d’observateur, surtout en ce qui concerne l’échange d’informations;
  • d’assurer une formation sur les droits économiques, sociaux et culturels, en particulier à l’intention des juges et magistrats, afin de renforcer la mise en œuvre du protocole et des autres instruments relatifs aux droits de la femme;
  • d’adopter une résolution pour dénoncer la non application des lois par les Etats membres;
  • d’exhorter les Etats membres à traduire et à diffuser les instruments dans toutes les langues nationales des Etats membres;
  • de créer et de diffuser une base de données des réseaux nationaux travaillant sur les droits de la femme, pendant que les ONG mettent des informations à sa disposition.

 

Fait à Dakar, le 22 novembre, 2004