Résolution sur la Situation des Femmes en Afrique

Le Forum sur la participation des ONG à la 34ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et la huitième Foire du livre sur les droits de l’homme qui s’est tenu à Corinthia Atlantic Hotel à Banjul du 3 au 5 novembre 2003,

Constatant que 22 ans après l’adoption de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples par l’Assemblée des Chefs d’Etat lors de sa 18ème session en 1981, la situation des droits de l’homme des femmes africaines reste sombre;

Constatant que les femmes africaines continuent à subir la violence et la discrimination leur infligés au nom de la culture et de la religion et juridiquement sanctionnés dans certains cas;

Eu égard au fait que les femmes africaines continuent à souffrir des pratiques traditionnelles nuisibles comme les mutilations génitales féminines, les enlèvements, les mariages forcés et précoces, « trokosi » (asservissement), l’héritage de la femme après le décès du mari et les rites dégradants et inhumains imposés aux veuves;

Concernés par le manque d’accès pour les femmes à la terre et à la propriété foncière, leur discrimination par la loi et dans le processus politique;

Les participants au Forum lancent un appel à la Commission Africaine de prier incessament les Etats Parties à:

a) prendre des mesures concrètes pour renverser la situation décrite ci-dessus en vue d’améliorer la situation des droits de l’homme des femmes africaines;

b) déployer davantage d’efforts pour mettre fin aux pratiques traditionnelles nuisibles en introduisant des législations contre de telles pratiques là où elles n’existent pas et en faisant respecter la loi là où elle existe, et en complétant la législation avec des ressources destinées à sensibiliser les communautés sur ces pratiques nuisibles et à former les agents chargés de l’application de la loi à prendre des mesures qui s’imposent pour protéger les filles et les femmes contre ces pratiques;

c) prendre les mesures nécessaires en vue de l’abrogation des dispositions constitutionnelles qui imposent des pratiques coutumières comme règles primordiales en matière de droit familial, et incorporer plutôt dans les législations nationales les dispositions prévues dans la Convention sur l’Elimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et autres pactes que les Etats africains ont signés et ratifiés;

d) adopter des politiques d’action affirmative en vue d’accroître l’accès des femmes aux droits sociaux, économiques et politiques.

Fait à Banjul, le 5 novembre, 2003