Resolution sur la Situation au Zimbabwe

Nous, les participants au forum de participation des ONG à la 44ème Session Ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples,

Notant que la signature de l’Accord politique global le 15 septembre 2008 a offert une occasion pour trouver une solution aux causes profondes de la crise au  Zimbabwe;

Notant que la crise politique au Zimbabwe reste sans solution;

Inquiets des retards démesurés dans la mise en œuvre de l’accord;

Considérant l’aggravation de la crise humanitaire et politique au Zimbabwe;

Inquiets par ailleurs qu’il y a des rapports faisant état de cas renouvelés de violence à caractère politique et de l’effondrement du système de fourniture de services sociaux;

Alarmés de constater que les Autorités zimbabwéennes continuent d’échouer et/ou de négliger à prendre des mesures immédiates pour trouver une solution à la crise sociale, économique et politique qui s’aggrave;

Constatant qu’en l’absence d’un gouvernement légitime et opérationnel recevant l’entière reconnaissance et assistance internationales, la crise zimbabwéenne qui s’aggrave a potentiellement des conséquences désastreuses pour le pays, la SADC et l’Afrique en général;

Demandons à la Commission africaine de:

1. adopter une résolution enjoignant à l’UA et à la SADC, en tant que garants de l’Accord politique global, de veiller à la mise en œuvre immédiate et sans appel de l’accord;

2. exhorter l’UA et la SADC de prendre des mesures devant assurer une reprise inconditionnelle de l’assistance humanitaire, en particulier, pour demander aux Autorités zimbabwéennes de s’abstenir d’entraver les activités des agences de secours-assistance;

3. exhorter l’UA et la SADC à faire pression sur les Autorités zimbabwéennes à prendre des mesures efficaces pour cesser toutes les formes de violence à caractère politique et permettre une liberté d’activité politique, y compris l’ouverture de l’espace aux médias et à la société civile;

4. condamner la violence permanente et la torture que connaît le  Zimbabwe;

5. demander qu’un pouvoir de transition soit mis en place d’urgence au Zimbabwe;

6. exhorter le Gouvernement zimbabwéen à concrétiser la réalisation des droits de  l’homme de tous les Zimbabwéens, à savoir le droit à l’alimentation, à l’éducation de base, à la santé et à l’hygiène, à la liberté d’expression et de mouvement;

7. demander la libération immédiate des DDH de Women of Zimbabwe Arise (WOZA) qui ont été emprisonnées pendant plus de trois semaines pour avoir manifesté à Bulawayo pour défendre des droits économiques et sociaux; et

8. demander au Gouvernement sud-africain d’accorder l’asile aux Zimbabwéens demandant l’asile en Afrique du Sud, que ce soit pour des raisons économiques ou politiques. L’ordre public a été détruit au Zimbabwe. Des demandes d’asile ont été rejetées sur la base de l’accord de partage des pouvoirs signé entre les parties de l’opposition au Zimbabwe. Le ministère de l’Intérieur estimant que la paix règne au Zimbabwe depuis la signature de l’accord de partage du pouvoir.

 

Fait à Abuja, le 9 Novembre, 2008